Comment gérer le retour sans votre bébé ?

La séparation…

Il est probable que vous rentriez chez vous avant votre bébé. Bien que cette séparation soit très difficile, elle est nécessaire afin que votre nouveau-né reçoive les soins dont il a besoin pour grandir et se développer normalement. Vous pourrez bien sûr rendre visite à votre bébé dès que vous le souhaitez, votre présence (celle des deux parents) pendant son séjour dans le service de néonatologie étant très importante pour lui. Il reconnaît déjà vos voix et l’odeur de sa mère.

 

Durant vos visites à l’hôpital, vous pourrez lui parler pour lui annoncer votre présence et le rassurer ; lui chanter des chansons pour l’apaiser ; le toucher, d’abord à travers l’incubateur, puis dès que son état le permettra, vous pourrez le prendre contre vous et participer aux soins quotidiens (changes, bains…). Ces petits gestes vous permettront de créer un lien émotionnel fort avec votre enfant.

 

Par ailleurs, ces petites attentions que les parents ont envers leur bébé pendant l’hospitalisation favorisent le développement mental du nouveau-né prématuré. Vous pouvez également apporter un T-shirt que vous avez porté afin qu’il soit placé dans l’incubateur de votre enfant : l’odeur de sa maman le rassure (1-4).

 

Même si votre investissement est essentiel, il est également important que vous profitiez de cette période pour vous reposer et pour préparer son arrivée surtout si vous n’en n’avez pas eu le temps avant et depuis l’accouchement. Lorsque votre tout-petit sortira de l’hôpital, il aura besoin que vous soyez disponible et en forme. Vous pouvez éventuellement proposer aux grands-parents de rendre visite au bébé pour vous relayer. Cette rencontre leur permettra aussi d’apaiser leurs craintes liées à la prématurité (1,4).

 

Si vous avez d’autres enfants…

Expliquez leur pourquoi leur petit frère ou leur petite sœur ne rentre pas à la maison en même temps que leur maman. Ils ont besoin de savoir ce qui se passe pour ne pas s’inquiéter. De plus, les enfants font confiance aux médecins et le fait de savoir qu’il existe des soins spécifiques pour la prise en charge des enfants prématurés les rassure. L’association SOS Préma propose un ALBUM ILLUSTRE expliquant la prématurité aux enfants (en vente sur le site SOS Préma, au bénéfice de l’association).

 

Pour les impliquer vous pouvez leur montrer des photos ou des petites vidéos du bébé. Vous pouvez également leur proposer de choisir une photo d’eux ou de faire un dessin que vous collerez ensuite sur la couveuse de votre plus jeune enfant prématuré (4).

 

En savoir plus sur l’association SOS Préma

 

Côté émotionnel

Pleurs incontrôlés, le sentiment de ne pas être capable de s’occuper de son bébé, doutes et inquiétudes… Si c’est ce que vous ressentez en ce moment, vous pouvez présenter un « baby blues », c’est-à-dire une légère dépression passagère. Celui-ci est causé par le changement hormonal qui survient après l’accouchement, la fatigue physique et la sensibilité émotionnelle liées au fait de devenir maman. Chez les mamans d’enfants prématurés, cette légère dépression peut commencer 2 à 5 jours après l’accouchement et dure en moyenne de 2 à 7 jours, même si ce baby blues peut parfois durer plus longtemps (5)


Outre le baby blues, qui est fréquent pour toutes les naissances (y compris les naissances à terme), une naissance prématurée peut vous laisser des souvenirs douloureux : elle est survenue brutalement alors que vous n’y étiez pas préparés. Il vous est peut être difficile d’accepter que la grossesse se termine comme ça, de façon « imparfaite », et que votre bébé ne soit pas comme vous l’imaginiez. Certaines mères d’enfants nés prématurément disent se sentir coupables ne n’avoir pas pu mener la grossesse à terme, la plupart des parents expriment incertitude, angoisse, ou sentiment d’impuissance, d’autres disent ne pas savoir comment jouer leur rôle de parents dans le service de néonatologie. Même si dans un premier temps cela vous est difficile, il est important d’exprimer ce que vous ressentez auprès de l’équipe médicale, de votre entourage, dans votre couple… afin que vos émotions n’affectent pas votre relation présente et future avec votre enfant. Si votre bébé est là, ce n’est pas uniquement grâce aux progrès de la médecine mais aussi grâce à vous ! (1-4,6-7) 

 

1. Jacoby R et al. Représentations croisées de l’enfant prématuré. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence ; 2003.
2. Hays MA, Millet C. Soutien des parents et des nouveau-nés hospitalisés en néonatologie : intérêt d’un dispositif de groupe. Archives de pédiatrie ; 2009;16:1090-1096.
3. Magny JF, Prématurité : pourquoi et comment préserver la relation maman-bébé ? Journal de pédiatrie et de puériculture ; 2009:22,310-313.
4. Pons Mc, Kieffer F.  Sortie de néonatologie : Evaluation des pratiques autour de la sortie de néonatologie : 3 ans d’expérience. J Gynecol Obstet Biol Reprod 2004 ; 33 (Suppl. au n°1) 1S100- 1S103
5. Dalla Piazza S, Lamotte PJ, Naître trop tôt : La prématurité expliquée aux parents et futurs parents, Parentalité, De Boeck, 2009.
6. Authier-Roux F, Comment bien soigner les bébés ? Bébé : cette rencontre singulière et particulière, Journal de pédiatrie et de puériculture, 2003:16:95-6.
7. Pierrehumbert P, Borghini A, Forcada-Guex M, Jaunin L, Müller-Nix C, Ansermet F. Validation française d’un questionnaire de stress post-traumatique des parents d’enfants présentant un risque périnatal élevé. Annales Médico Psychologiques 2004;162:711-721.