L’allaitement

Si votre bébé est prématuré, l’allaitement peut représenter certaines difficultés et demander certaines adaptations. Il faut parfois un peu de temps entre le moment de la naissance et celui où l’allaitement au sein devient possible et efficace. Au début, si l’allaitement au sein n’est pas possible, d’autres techniques, comme la tétée à la paille, peuvent être envisagées (1).

 

Avantages de l’allaitement maternel (1,2,3)

… à court et moyen terme

 

La composition du lait maternel est plus adaptée à la digestion du prématuré que le lait artificiel. Il permet également au nouveau-né de bénéficier :

 

– de facteurs antimicrobiens : ces facteurs sont très bénéfiques car, à leur naissance, les bébés prématurés ont moins de défenses immunitaires que les enfants nés à terme,

– de facteurs de croissance : le lait maternel contient une substance permettant l’absorption des graisses (très importante pour la prise de poids des bébés nés prématurément).

 

En conséquence, les prématurés nourris grâce au lait de leur mère sont plus protégés contre les infections et ont moins de complications digestives.

Par ailleurs, des études ont montré que les prématurés vont mieux lorsqu’ils sont nourris au sein que lorsqu’ils le sont au biberon ; et que l’allaitement contribue à installer une relation privilégiée entre la mère et son enfant.

 

… à long terme

 

Selon les auteurs, le lait maternel améliorerait les fonctions neurologiques et visuelles. Il aurait également un effet positif sur le développement psychomoteur de l’enfant.

 

Difficultés possibles et solutions envisageables

Du côté de la maman

 

Le stress : la naissance prématurée d’un enfant est un événement stressant pour la mère et pour l’ensemble de la famille. D’abord à cause de l’arrêt brutal de la grossesse, de l’état de santé de l’enfant (parfois plus fragile au début) et de son comportement (différent de celui d’un enfant né à terme), et ensuite parce qu’il est difficile de jouer son rôle parental lorsque l’enfant est hospitalisé. Ce stress peut représenter un frein à l’allaitement. A l’inverse, l’allaitement peut permettre de réduire le stress de la maman.

 

La peur de ne pas avoir suffisamment de lait : si l’allaitement au sein ne peut être mis en place dès la naissance, l’idéal est que la mère puisse tirer son lait pour éviter une baisse de production. Ne vous inquiétez pas, les premiers jours, il est normal de n’obtenir que quelques gouttes de lait. L’essentiel est de tirer son lait le plus souvent possible (au minimum 6 fois par jour, ce qui correspond au nombre de tétées d’un enfant né à terme). Ensuite, un tire-lait électrique peut être utilisé pour gagner du temps et obtenir le volume nécessaire à l’alimentation de son enfant. Le fait d’être près de votre enfant, de réaliser des massages des seins, d’écouter des musiques de relaxation peut vous aider.

 

Du côté du bébé

 

Pour pouvoir être mis au sein, le nouveau-né doit être capable de rester éveillé suffisamment longtemps et d’être capable de téter. Certains prématurés y arrivent avant l’âge du terme théorique, d’autres ont besoin de plus de temps. Il n’y a pas d’âge pour commencer : le bébé et la maman doivent être prêts.

 

1. Magny JF, Prématurité : pourquoi et comment préserver la relation maman-bébé ? Journal de pédiatrie et de puériculture ; 2009:22,310-313.

2. Gremmo-Freger G., L’allaitement de l’enfant prématuré, Allaiter aujourd’hui, 2003.
3. Sizun J. et al., « Allaitement maternel et prématurité : intérêt des soins de développement centrés sur l’enfant et sa famille ». Spirale, 2003/3 no 27,p15-22.